A Certain Romance.
LE rendez-vous hebdomadaire de l’étudiant de base, un samedi soir, à Nice, est, bien entendu, les pubs, clubs, bars et autres de la vieille ville. Après ingestion d’un certain nombre de beuvrages alcoolisés en compagnies de tes amis dans le vieux sur le cours, tu te décides à rentrer chez toi. Tu te rends donc place Masséna pour monter à bord de ce fier et vaillant destrier qu’est le N4 (aussi connu sous le nom de bus de la mort, bus des weshs).
Arrivé à destination dans l’ouest de Nice, tu te retrouves avec plusieurs autres personnes se dirigeant, elles aussi, l’œil baveux vers la cité universitaire dans laquelle, et à ton grand regret, le CROUS t’y a attribué une chambre à la superficie inhumaine de 9m². Un wesh, en mode bogoss (requins et pantalon de jogging siglés Nike, parka noir qui, sublimement, reflète la lumière jaune dégueulasse des lampadaires publiques, et sweat à capuche pour se la jouer west coast gangsta (enfin surtout pour protéger ses cheveux préalablement enduits méticuleusement de gel, de la pluie, coiffure sur cheveux courts de 2cm que l'on peut qualifiée de type « piques ») marche devant toi d’un air assuré.
Soudain il s’aperçoit de ta présence et décide, subtilement, de s’arrêter l’espace d’une demi-seconde afin de se retrouver derrière toi. A partir de ce moment tout va très vite. Le wesh réfléchit, établit une stratégie d’attaque imbattable. Après avoir passé les 20 derniers mètres à répéter la phrase qu’il va te sortir afin d’établir un contact, et plus si affinités avec toi, le wesh se lance. Car il ne peut pas se rater. Il est seul, sans sa meute de « bâtards », il doit agir vite et efficacement. Le moindre faux-pas peut lui être fatal. Il ne pourra pas compter sur le soutien de ses gros en cas de râteau. Le wesh accélère le pas de façon à te doubler, et là s’exprime, dans un français clair et de façon distincte, délaissant son vocabulaire de bouffon qu’il a l’habitude d’utiliser et avec toute l’assurance qu’il vient de gagner en se récitant mentalement la méthode Coué (même s’il ne sait pas ce que c’est), « je vais y arriver, je suis le meilleur, je peux tout faire, le monde m’appartient » :
- Hé, excuse-moi mademoiselle, t’aurais pas une cigarette ?
- Non, je n’ai rien, désolée.
- Ah…( s’exclame-t-il le regard fuyant, l’incompréhension se lisant sur son visage)
Après un petit signe de la main, signifiant « ok, laisse tomber », quelque peu agressif (le wesh a besoin de se reprendre après cet tentative loupée), il continue son chemin.
« Je comprends pas ce qui vient de se passer, j’étais sur de moi pourtant... ». Il poursuit donc son chemin, te doublant par la même occasion, afin de regagner confiance en sa propre personne et afin que tu ne puisses lire la déception sur son visage.
Sa virilité entamée de moitié, le wesh s’éloigne, et se dit que sans la famille on chope beaucoup moins quand même. Enfin on chope autant en fait. On chope pas quoi.